Où nous sommes rendus…

Avant mon départ, j’ai cassé les oreilles à nombreux d’entre vous pour que vous visitiez ce site internet, à la blague, afin de financer l’achat d’une bouteille de vin. Voilà que plus d’un mois plus tard, nous n’avions toujours pas mis à jour ce site. Pas que nous n’avons plus besoin d’alcool à bord, (au contraire!), mais c’est beaucoup de travail un bateau… Il y a toujours quelque chose à faire et je crois devenir un pas pire matelot.

West Palm Beach
Ancrage Lake Worth, West Palm Beach, FL

Je ne suis pas à plaindre! J’ai quand même passé les premières semaines suivant mon arrivée à relaxer, lire, faire du yoga, lire, relaxer, et ainsi de suite… pendant que Stéphane terminait un contrat via Internet.

Nous avons quitté l’ancrage de West Palm Beach le 25 avril, en direction de St-Augustine. Ma première traversée! 200 miles nautiques, soit deux jours et deux nuits. J’étais excitée et à la fois stressée. C’était, au départ, un moment magique. Il faisait beau, ensoleillé et les dauphins nous accompagnaient tout au long de la rivière, jusqu’à l’entrée de la passe vers l’océan. Nous aurions peut-être dû faire comme les dauphins et arrêter là parce que ça s’est mis à brasser dans la passe. Stéphane me disait que le mouvement allait diminuer rendu à un certain point, en raison de telle vague et de l’autre machin-chouette du vent. Ça n’a même pas diminué, mais plutôt augmenté! C’est là que j’ai fait sa connaissance : le mal de mer. Il ne s’agit pas de n’importe quel mal de coeur. La tête et le corps ne sont pas en accord avec ce qui se passe autour. Comme compromis, ils décident de se mettre au ralenti. Tout devient un effort : se brosser les dents, cuisiner/ manger, se tenir debout, parler… Toutefois, le corps (ou la tête?) ayant une forte capacité d’adaptation, on finit par s’y habituer… après deux jours! Malgré le mal de mer, il y a quand même des moments inoubliables. Les couchers et les levers de soleil. Les dauphins qui, apparemment, aiment nager à côté des voiliers, viennent souvent nous rendre visite. Voir l’horizon tout autour du bateau et découvrir ce sentiment de liberté. Il n’y a plus rien : plus de terre, plus de bateau, mais tellement à voir dans les vagues et le ciel.IMG_3149

La nuit, on fait des quart de trois heures où on doit faire une tournée à chaque 30 minutes. Étonnement, les nuits finissent par passer assez rapidement. Le moment que je préfère, durant une de mes tournées: le ciel est rempli d’étoiles (**Rappelons que je viens de Montréal. Plus d’une étoile dans le ciel et, pour moi, il est rempli!), les planctons qui s’illuminent dans les vagues autour du bateau. On peut difficilement distinguer l’eau du ciel et les étoiles semblent toucher le mât. Il n’y a que le bruit du vent dans les voiles et Merlou qui glisse sur les vagues. Et dans ce décor irréel, on est juste… bien.

De mon côté, j’ai aussi expérimenté pour la première fois les hallucinations auditives. J’entendais parler ou chanter au large et Stéphane, lui, entendait de la musique. Peut-être des sirènes?! Pour le moment, ces hallucinations ne sont pas dérangeantes, mais on craint le moment où l’un va entendre de tuer l’autre..!

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Coucher de soleil et Fort à St-Augustine. Aussi connu pour l’endroit où nous avons échoué sur un banc de sable devant des centaines de touristes.

C’est donc 48 heures plus tard que nous sommes arrivés à St-Augustine, Floride. À l’arrivée, on s’est dit que nous aurions pu continuer la traversée plus longtemps, mais l’envie de profiter des douches de la marina était trop grande. Je développe la même relation amour-haine avec la navigation qu’avec la course : avant une course, il y a le stress. Celui de ne pas être capable de performer, peu importe le nombre de km à courir. Pendant la course, le corps expérimente différentes sensations agréables ou désagréables : l’euphorie, la découverte d’un nouveau muscle ou une douleur imaginaire à un orteil Enfin, à la fin de la course, on réalise que c’était facile, finalement, et qu’on aurait pu continuer plus longtemps.

Nous avons repris la route le 30 avril en prenant le large, direction Caroline du Sud. La météo annonçait des vents idéaux pour la voile, alors que rendus au large « il n’y avait pas un pet de vent », comme dit Stéphane. Pour ceux aussi peu expérimentés que moi, on aurait tendance à croire que lorsqu’il n’y a pas de vent, la croisière est tranquille. Au contraire! Le bateau n’a plus de vent pour s’appuyer et donc, il rebondi sur chacune des vagues. Heureusement, avant de partir, nous nous sommes équipés de bracelet d’acupuncture et avons gagné notre combat contre le mal de mer.

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Arrivée à Charlestown, SC

Rendus en Caroline du Sud, nous avons donc navigué quelques jours sur l’intercostal, soit une rivière dans les terres qui longe la côte est américaine. Pas seulement en raison de l’absence du vent, mais nous étions aussi à court d’essence. Nous nous sommes arrêtés à la première marina en chemin. Une île au milieu des marécages caroliniens. En débarquant sur l’île, nous avions l’impression d’être accostés à Jurassic Park. La végétation n’était plus la même qu’en Floride. Les arbres étaient géants, il faisait chaud et humide. On entendait seulement le bruit des oiseaux et des gros insectes et il y avait de vieilles jeep abandonnés sur la plage. J’imaginais voir un T-Rex sortir d’entre les arbres, mais on a plutôt trouvé la marina/ camp familial hippy-ish avec des gens sympathiques.

Le paysage au long de la rivière est magnifique en Caroline du Sud.  Le jour, nous parcourons la distance possible et le soir, nous ancrons sur le bord de la rivière. On éteint finalement le moteur et on admire cette belle Caroline.

FullSizeRender(1)J’ai aussi expérimenté ma première tempête sur le bateau en Caroline du Sud. Une nuit, il s’est mis à pleuvoir un rideau de pluie. Le tonnerre grondait et le ciel s’illuminait d’éclairs. Le vent soufflait tellement fort qu’il faisait tourner le bateau dans tous les sens. Évidemment, Stéphane a eu l’idée d’aller faire une manœuvre quelconque à l’extérieur à ce moment là. J’ai osé sortir à l’extérieur qu’une fois la tempête terminée. Il faisait tellement noir que je ne pouvais même pas voir mes pieds. Des éclairs, au loin, dessinaient dans le ciel. C’était le calme après la tempête et c’était magnifique.

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Quai des pêcheurs à Georgetown, SC

Nous sommes arrivés à Georgetown, il y a quelques jours. Une charmante petite ville de la Caroline du Sud.  On peut y acheter des crevettes fraîches directement des pêcheurs, les gens y sont sympathiques et l’architecture est remplie d’histoire. Elle est dangereuse cette ville, car on pourrait bien être tenté d’y rester…

3 Comment

  1. Mimi says: Reply

    Belle expérience, joliment racontée. Et quelle chance de vivre ca avec la plus merveilleuse des créatures sur terre: ma fille! Je t’aime !

  2. Copy in stages and have it translated into English here:
    https://www.freetranslation.com/en/translate-english-french

  3. Héloïse says: Reply

    Tellemeng inspirant ton texte ma belle amie! Et ça donne envie de tout laissez tomber…

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